Les temps sont terribles,
Effarement devant la marche du monde, pincez-moi, réveillez-moi,
réveillez-nous,
dites-moi, ce n’est jamais qu’un mauvais rêve
« Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes… »
l’envie de pleurer, ou peut être l’envie de rire,
me reviennent les vers (toujours Aragon)
These are terrible times,
I’m horrified by the way the world is going; pinch me, wake me up, wake us all up, tell me, it’s just a bad dream « Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes ». the urge to cry, or perhaps the urge to laugh,
the verses come back to me (Aragon again)
Entre pleurer l’homme hésite Et rire et rire étourdiment Ses rêves vont parfois si vite Qu’il ne sait lui-même comment Il se fait que pleurer le quitte
Every day brings the worst We look through his old photographs
for laughter, for the affirmation of being alive
the simple joy of being alive
Rire de tout, de rien, rire de ne pas pleurer, rire à chaudes larmes,
rire de bon coeur, aux éclats, aux larmes, à gorge déployée, aux anges, rire jaune, mourir de rire
j’ai même eu une amie qui se souvenait avoir eu le boyau de la rigolade
Le rire, toujours avec et au milieu des autres,
Laughing at everything, at nothing, laughing so as not to cry, laughing until the tears come,
laughing heartily, roaring with laughter, laughing until I cry, laughing at the top of my voice, laughing like a child, laughing nervously, laughing fit to the burst
Laughter, always with and amongst others,
Ainsi, dans le désastre du monde, une manière de donner le change ?
La vie vivante, résistante, ne plus penser au déluge qui nous suivra, ou au grand désert, sans oiseaux et sans caresses,
les douleurs multiples oubliées,
dans toutes ces images anecdotes, simplement des naufragés
So, amidst the world’s chaos, a way of putting on a brave face ?
Life, vibrant and resilient, no longer thinking of the flood that will follow us, or of the great desert, devoid of birds and caresses,
the many pains forgotten,
in all these anecdotal images, simply castaways
Le rire bien sûr ne sauvera pas le monde, mais qui sauvera le monde?
Laughter, of course, won’t save the world, but who will?
Nous sommes la somme de nos rires et de nos larmes, avec quelques petites choses en plus,
et comment dit-on désastre dans la langue des signes ?
we are the sum of our laughter and our tears, with a few extra things thrown in, and how do you say ‘disaster’ in sign language?
Une info
Ma modeste participation à l’exposition du Centre Historique Minier de Lewarde, magnifique lieu célébrant la mémoire du pays minier, près de Douai,
ce sera pendant un an, à partir du 26 juin 2026, à côté de grands frères, Willy Ronis, Jean-Claude Gautrand, l’ami Michel Seméniako magicien de la lumière….
merci à la MPP ! (la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie).
A quick update
My modest contribution to the exhibition at the Lewarde Mining History Centre, a magnificent venue celebrating the heritage of the mining region near Douai,
will be on display for a year, starting on 26 June 2026, alongside some of the greats: Willy Ronis, Jean-Claude Gautrand, my friend Michel Seméniako…






et n’oubliez pas de pousser la porte de l’atelier de Catherine,
Catherine Rauscher, qui partage ma vie, à l’occasion des journées Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes de Belleville
and don’t forget to step inside Catherine’s workshop, Catherine Rauscher, who shares my life, during the Belleville Artists’ Studios Open Days
Elle y recherche obstinément le noyau dur qui, dit elle, »envers et contre tout, nous tient debout. »
She stubbornly searches for the core that, as she puts it, “against all odds, keeps us standing.”
Ce sera du jeudi 28 au dimanche 31 mai,
les après-midi, au fond de la cour du 20 rue de Tourtille à Belleville, Paris vingtième.
Simplement.
It will take place from Thursday 28 to Sunday 31 May, at the back of the courtyard at 22 Rue de Tourtille in Belleville, Paris’s 20th arrondissement.
It’s that simple.













Alain Umhauer
Mai 23, 2026 at 9 h 17 min
Magnifiques, éloquentes photos, cher André. Tu as toute ta place parmi celles et ceux qui tu nommes « les grands ».
Philippe Rauscher
Mai 23, 2026 at 9 h 40 min
Oui mon cher André, heureusement qu’il nous reste le rire. Merci pour ce partage toujours aussi touchant. Nous t’embrassons.
Suzel Galia
Mai 23, 2026 at 14 h 25 min
Oui le rire encore et toujours…
Même si pendant ce temps usines et mines ferment…
Merci André pour tes photos superbes, vivantes, touchantes, humaines avant tout…
Helene Amblard
Mai 23, 2026 at 19 h 45 min
Superbe! Je partage.
On y sera
Michel Vialle
Mai 23, 2026 at 20 h 03 min
Encore une fois, merci. Tes images sont précieuses.
Tarrago llibert
Mai 23, 2026 at 21 h 06 min
Merci André. Cuba, t’en souviens-tu, oui bien sûr ! Qu’en est-il de notre Calle 19 ? Un autre Playa Girón ?T’embrasse.
Catherine Gégout
Mai 23, 2026 at 21 h 30 min
Une fois de plus, un grand merci André, tout simplement pour ton humanité discrète et si précieuse
Nadalutti
Mai 24, 2026 at 0 h 37 min
Sei un uomo fortissimo, con valori veri e sani
Blumental David
Mai 24, 2026 at 0 h 45 min
Tes photographies appellent des mots chauds et denses, que tu dis mieux que personne, cher André. Nos souvenirs feront des petits.
Giraudo
Mai 24, 2026 at 7 h 44 min
Le coeur surpris par le regard d’un homme dont le souvenir s’en est allé. Il ne boite plus. Il ferme la danse. C’est le monde des vivants qui boite.
Patrick Giraudo
Mai 24, 2026 at 7 h 56 min
Merci André. Une larme à l’oeil. Pour de rire.
Je ne serai pas avec vous ce week-end. Mais je serai très ému de vous voir à Borde Basse ou à Toulouse. La ville des lendemains qui chantent encore.
Des bises à Catherine
Tendrement
ronald curchod
Mai 24, 2026 at 8 h 18 min
grand merci andré… et si à Toulouse tant qu’à faire… on vous attend. amitié à vous deux
Anne
Mai 24, 2026 at 10 h 56 min
Une photo réussie est, en partie, le portrait de son auteur. Ton regard donc, sensible, tendre et parfois malicieux, touche l’oeil, le coeur et donne à voir.
Et le rire oui, malgré tout, ça fait du bien! Le mieux c’est de rire ensemble…
Merci & bravo!
HALARY HUREAU MIREILLE
Mai 24, 2026 at 17 h 40 min
MERCI ANDRE pour ces photos et ces écrits touchants. Rire n’est pas toujours facile….cela fait beaucoup de bien , c’est sùr……Je ne vais plus à Paris (mes genoux……)mais j’ai créé un café philo et ça fait du bien aussi…on se parle…peut être arriverons nous à rire ensemble? Amicalement en souvenir des années 50!!!!
Marianne Delranc Gaudric
Mai 25, 2026 at 20 h 14 min
Merci André pour ces photos émouvantes, qui me rappellent la ballade de François Villon:
« Je ris en pleurs, et attens sans espoir ;
Confort reprens en triste desespoir ;
Je m’esjouys et n’ay plaisir aucun ;
Puissant je suis sans force et sans povoir,
Bien recueilly, debouté de chascun. »
(« Je meurs de soif auprès de la fontaine »…)
Depuis que le monde est monde, tout est contradictoire… Mais le Bien finit toujours par gagner, grâce aux gens courageux comme toi!
À bientôt
Éric MADELAINE
Mai 26, 2026 at 3 h 36 min
Merci André pour tes toujours sensibles propos photographiques et écrits !
Et dire que le 16 novembre 1945,,,,, on inscrivait solennellement dans le marbre : « puisque les Guerres naissent dans la tête des humain-e-s c’est dans la tête des humain-e-s qu’il faut ériger les Défenses de la Paix » (formulation que je me permets d’actualiser) article 1er de la Constitution de l’UNESCO.
Tu as raison le rire aide à supporter la connerie.
À se demander si tout compte fait et paradoxalement notre Humanité aurait pu s’installer durablement sans cette faculté de rire.
Amitié Humour Amour !
De Tout Cœur avec Vous ce Ouïk.